Jeux de scénarios

L'accident chimique

« L'accident chimique » est un jeu de décision gratuit, basé sur le texte : samedi après-midi, une détonation dans la zone industrielle, la sirène hurle l'alarme générale, au-dessus des toits un panache s'élève. Contrairement à un séisme, un blackout ou une crue, ici « dehors » est faux et « dedans » est juste : lors d'un accident majeur (OPAM), il faut chercher refuge dans le bâtiment, fermer portes et fenêtres, couper les ventilations, écouter la radio et rester dedans jusqu'à la fin d'alerte des autorités. Chaque décision — calfeutrer ou aérer, rester dedans ou courir dehors, accueillir la voisine asthmatique ou la laisser seule, appeler le 144 en cas de détresse respiratoire ou attendre — a des conséquences réalistes.

Jouer maintenant

Choisissez votre profil
  • Appli Alertswiss sur le téléphone, radio à piles sur l'étagère
  • Ruban adhésif et linges dans le tiroir de la cuisine
  • Couloir sans fenêtre, avec porte — aménagé en pièce de repli
  • Réserves d'urgence avec bouteilles d'eau dans l'armoire
  • Numéro et clé de Mme Iseli au tableau des clés
  • Aide-mémoire des sirènes de la commune, classé
  • Le téléphone comme unique source d'informations
  • Ventilation double flux et ventilateur de la salle de bain en mode automatique
  • Un harasse d'eau minérale, sinon le robinet
  • Mme Iseli, on la connaît de la cage d'escalier
  • Un vieux paquet de comprimés d'iode au fond du tiroir
  • Fenêtre en imposte de la chambre, ouverte depuis l'été

Lors d'un accident chimique, c'est « dedans », pas « dehors ».

Le réflexe de toutes les autres situations — sortir, monter, rentrer, partir — est ici l'erreur. Les gestes mortels sont l'agitation vers l'extérieur : sortir « pour voir », ouvrir la fenêtre « pour de l'air frais », laisser tourner la ventilation (qui tire activement le nuage à l'intérieur) et surtout fuir de son propre chef à l'air libre, sans consigne des autorités, en plein dans le nuage. Qui reste à l'intérieur, calfeutre et attend la fin d'alerte s'en sort proprement — et le jeu ne le révèle jamais.

Le nuage est local et bref — mais le second piège vient à la fin.

Un accident chimique est le plus souvent local et dure des heures, pas des jours : un nuage passe. La leçon la plus forte est dans le point de bascule : tant que le nuage stagne, toute ouverture est une erreur — même quand « ça semble fini ». Seule la fin d'alerte officielle inverse la bonne action : dès lors, aérer à fond est juste, pour évacuer les résidus toxiques. Qui aère trop tôt s'attire une dose tardive.

Ce qui se passe vraiment en 72 heures

  1. ~14:00 — L'alarme.

    Une détonation venue de l'entreprise, la sirène monte et descend : l'alarme générale. Le premier aiguillage se joue — dedans et la radio, ou courir dehors pour voir. Qui interprète le son entre et ferme la porte.

  2. ~14:20 — Calfeutrer.

    Fermer fenêtres et portes, couper ventilation et climatisation, calfeutrer les fentes, gagner la pièce intérieure sans fenêtre. Le nuage s'approche. Chaque point non étanche est une porte d'entrée.

  3. ~15:00 — Le nuage stagne.

    Dehors, le panache pèse sur la rue, dedans l'air devient lourd. Radio/Alertswiss annoncent : zone bouclée, attendre les consignes. La tentation de jeter un œil dehors grandit — et le piège des comprimés d'iode guette.

  4. ~16:00 — Le pic.

    Concentration maximale dehors. La tentation d'évacuer sans consigne, la chaîne des symptômes (toux, détresse respiratoire), la décision d'appel d'urgence : 118 pompiers, 144 en cas de détresse respiratoire, 145 pour conseil — autoprotection d'abord.

  5. ~17:30 jusqu'à la fin d'alerte — Dissipation et point de bascule.

    Le nuage se dissipe, mais aucune fin d'alerte n'est encore venue : résidu toxique. Le second piège est d'ouvrir trop tôt. Ce n'est que quand la radio donne la fin d'alerte qu'aérer à fond est juste.

Les erreurs les plus mortelles

  • Sortir pour voir — ou fuir de son propre chef.

    Le réflexe le plus dangereux. Qui va « voir », ouvre la fenêtre pour de l'air frais ou fuit à l'air libre sans consigne des autorités court à la rencontre du nuage — au pic, en plein dans la concentration la plus dense. La bonne réponse : chercher refuge dans le bâtiment et rester dedans jusqu'à la fin d'alerte des autorités. On n'évacue que sur consigne.

  • Laisser tourner la ventilation et les fentes ouvertes.

    Une ventilation ou une climatisation en marche tire activement le nuage toxique dans l'appartement. Fermer fenêtres et portes, couper les ventilations, calfeutrer les fentes (linges humides, ruban adhésif — un moyen de retarder, pas une protection respiratoire) et gagner la pièce intérieure sans fenêtre. Plus la barrière est étanche, moins il entre.

  • Prendre des comprimés d'iode « par précaution ».

    L'iodure de potassium protège exclusivement la thyroïde contre l'iode radioactif — lors d'un événement nucléaire, pas d'un accident chimique. Contre le chlore, l'ammoniac, les gaz irritants ou les solvants, il est sans effet et ne donne qu'une sécurité trompeuse. En cas de suspicion d'intoxication : appeler le 145 Tox Info Suisse, ne pas se traiter de son propre chef.

  • Ouvrir trop tôt — avant la fin d'alerte.

    Quand le nuage se dissipe, la concentration extérieure n'est pas encore nulle. Qui ouvre ou sort parce que « ça semble fini » s'attire une dose tardive. Ce n'est qu'après la fin d'alerte officielle qu'aérer à fond est juste. Et : l'eau du robinet peut être contaminée — n'en boire qu'après l'autorisation, utiliser d'ici là les réserves d'urgence.

  • Se sentir « bien » après le nuage et en rester là.

    Les gaz irritants comme le chlore ou le phosgène peuvent provoquer un œdème pulmonaire toxique qui ne se développe qu'après un intervalle peu symptomatique — on se sent d'abord bien et on tombe malade des heures plus tard. Qui a été exposé au nuage doit se signaler même s'il se sent bien : pour les questions d'intoxication, le 145 (Tox Info Suisse) conseille 24 h sur 24, en cas de détresse respiratoire c'est le 144.

La radio pendant le blackout — votre solution de repli

Lors d'un accident chimique, aucune communication ne s'effondre — ici, ce qui compte, c'est que vous interprétiez l'alarme, entendiez les consignes et, en cas d'urgence, composiez le bon numéro. Quatre canaux comptent dans le jeu comme dans la réalité :

  • La sirène — l'alarme générale. Un son modulé montant et descendant, d'une minute. Il ne transporte pas une action, mais une invitation : allumer la radio, suivre les consignes des autorités, informer les voisins. À ne pas confondre avec l'alarme-eau (sons graves continus en aval des ouvrages d'accumulation) — qui signifie le contraire : quitter la zone immédiatement.
  • Radio et Alertswiss — le canal des consignes. Par la radio FM/ICARO et l'appli Alertswiss arrivent les consignes et — c'est décisif — la fin d'alerte. Une radio à piles capte même quand le réseau mobile devient poussif ou que le courant tombe. Il peut s'écouler des heures avant qu'on puisse de nouveau sortir.
  • 144 et 145 — l'urgence en cas grave. En cas de perte de connaissance ou d'arrêt respiratoire, 144 (secours sanitaire). Pour des questions d'intoxication, 145 (Tox Info Suisse, 24 h sur 24). Toujours l'autoprotection d'abord : jamais soi-même dans le gaz, prudence dans les espaces clos. Amener les personnes atteintes à l'air intérieur frais et les rassurer.
  • 118 — pompiers et défense chimique. En cas de fuite ou d'incendie, 118 est le numéro des pompiers et de la défense chimique. Les autorités bouclent la zone et pilotent l'intervention. Appels d'urgence uniquement en cas de véritable urgence — garder les réseaux libres pour l'essentiel.

À retenir (dans le jeu comme en cas réel) : « dedans » plutôt que « dehors ». Chercher refuge dans le bâtiment, fermer portes et fenêtres, couper les ventilations, accueillir les personnes menacées, écouter la radio et rester dedans jusqu'à la fin d'alerte des autorités. Eau du robinet seulement après autorisation. En cas de détresse respiratoire 144, pour des questions 145 — autoprotection d'abord. Les comprimés d'iode n'agissent pas contre le chimique.

Plus d'infos dans notre rubrique radio : Protection en cas d'accident chimique Premiers secours : intoxication Situation en Suisse

Questions fréquentes

Pourquoi faut-il rester à l'intérieur lors d'un accident chimique ?

Parce qu'un bâtiment calfeutré tient le nuage toxique dehors. Alertswiss/OFPP recommandent officiellement : chercher refuge dans un bâtiment, fermer portes et fenêtres, couper les ventilations, accueillir les personnes vulnérables, s'informer par la radio et rester dedans — il peut s'écouler des heures avant qu'on puisse de nouveau sortir. Courir dehors mène à la rencontre du nuage, c'est la fausse manœuvre avérée.

Les comprimés d'iode aident-ils lors d'un accident chimique ?

Non. L'iodure de potassium (comprimés d'iode) protège exclusivement la thyroïde contre l'iode radioactif lors d'un événement nucléaire et ne se prend que sur ordre des autorités dans le périmètre d'une centrale nucléaire. Contre le chlore, l'ammoniac, les gaz irritants ou les solvants, ils n'agissent pas. Lors d'un accident chimique, ils ne donnent qu'une sécurité trompeuse.

Quand peut-on de nouveau aérer ?

Seulement après la fin d'alerte officielle. Tant que le nuage stagne — et encore pendant qu'il se dissipe — toute ouverture est une erreur, car des résidus toxiques entrent. Après la fin d'alerte, la bonne action s'inverse : aérer à fond est alors juste, pour évacuer les résidus toxiques de l'appartement. C'est précisément ce point de bascule qui est la leçon centrale.

Quel numéro d'urgence lors d'un accident chimique ?

En cas de fuite ou d'incendie, 118 (pompiers/défense chimique). En cas de détresse respiratoire, de perte de connaissance ou d'arrêt respiratoire, 144 (secours sanitaire). Pour des questions d'intoxication, 145 (Tox Info Suisse, 24 h sur 24). Toujours l'autoprotection d'abord — jamais soi-même dans le gaz. Appels d'urgence uniquement en cas de véritable urgence, pour garder les réseaux libres.

Le scénario est-il réaliste ?

Le déroulement suit la recommandation officielle de se mettre à l'abri d'Alertswiss/OFPP et le système suisse de protection contre les accidents majeurs (OPAM). Un accident chimique est le plus souvent local et bref (des heures), un nuage passe. Sont fictifs l'appartement concret, les personnages et le déroulement exact ; les valeurs de dose et de concentration sont une échelle raisonnée, pas la mesure d'une fuite réelle.

Le jeu enregistre-t-il des données ?

Non. Pas de cookie, pas de compte, pas de connexion, pas de suivi. Votre progression se trouve uniquement dans l'adresse (URL) de cette page — si vous fermez l'onglet, elle disparaît. Vous pouvez partager l'URL ou l'enregistrer en marque-page ; elle ne contient aucune donnée personnelle, seulement vos décisions.